Ma découverte du SlowRunning

2016 se termine et à la collection d’horreurs survenues, j’oserais presque la filsdeputerie d’y ajouter mes petits bobos perso qui ont gâché ma saison (allez-y, traitez-moi d’ordure). Quelle indignité… Vous n’avez pas honte Mr Pujadas…

Eh oui, passer l’année à me focaliser sur l’état de mes petits petons a dû amplifier mon égocentrisme, mon talon d’Achille, et me faire perdre toute dignité.Ma découverte fortuite du SlowRunning

Pour cet épisode de décembre, Marjy nous avait proposé deux thèmes :

– Notre wishlist de Noël. Mais il me semble que dans un épisode précédent, Émir a déjà traité de “tout ce qui est marketing”, comme l’aurait dit notre ancien présentateur favori. On t’embrasse quand même Émile (il nous a lâché pour présenter le podcast de Greg Runner, parait 🙂

– Ou le bilan de notre année Running, comme il est de coutume de le faire sur les blogs (je ne juge pas, hein, sujet sensible en ce moment, je décline toute responsabilité, je retire tout ce que j’ai dit le mois dernier). Mais avec mes trois dossards épinglés depuis janvier dernier (dont un abandon), je risquais d’être rapidement à court de matière. Si j’avais un bilan à vous présenter, il serait médical. D’ailleurs, je donne mon pied à la science ; je pense être la preuve incarnée qu’il y a encore des types de traumatismes à découvrir dans le corps humain.

L’évidence aujourd’hui, c’est de vous parler de la façon dont j’ai poursuivi la course à pied malgré une gêne que je traîne depuis un an. Je parle en effet de gêne par respect pour les professionnels de santé que j’ai rencontrés, et non de blessure car ils se sont tous montrés perplexes devant mes doléances. (enchaîne !) Leurs doigts de fée et la technique confirmant qu’en s’occupant de mon cas, ils perdaient du temps à faire de la bobologie. Bon, sous la menace, pour satisfaire mon égo, l’un d’entre eux a tout de même accepté d’employer le terme “légère tendinopathie”.

Merci !!!

Peut-être que je somatise. En tout cas, je me sens incapable d’aller flirter avec les 3h au marathon sans risquer l’amputation. Rémi qui m’a vu courir ces derniers temps, pourra le confirmer, n’est-ce pas ?

Alors, à rebours des records et classements qui sont l’un des moteurs des applications et des réseaux sociaux à caractère sportif, et au risque d’être écrasé par le poids de la honte……… je me suis mis à courir lentement.

Bienvenue à PloucLand !

Ici on porte des fringues dépareillées, des t-shirts en coton, des baskets bas de gamme achetées en solde, des montres qui n’ont que la fonction chronomètre.

On court avec un gilet jaune, la lampe fixée sur le torse, la ceinture porte-gels et dossard offerte dans un pack marathon qu’on a payé bonbon.

Oui, ici on se badigeonne de camphre, on s’étire plus qu’on ne court et on se permet même de papoter en courant. PloucLand, c’est la Cour des Miracles, le club des coureurs éclopés et à moitié galeux qui n’espèrent plus la médaille Finisher mais la médaille Survivor. Et c’est déjà bien, au regard de leur allure.

C’est à ce monde que j’ai cru me confronter en réduisant la cadence pour préserver mon membre inférieur défaillant.

Pour faire passer la pilule et éviter d’éventuels témoins de mon exploration des abysses, j’ai déniché la route départementale la plus hostile de mon bled. Et j’ai enchaîné les kilomètres, là, à l’abri des regards.

Je me suis fait mon propre protocole :

– des mouvements plus souples

– des impacts avec le sol plus doux et une attaque médio-pied

– un relâchement musculaire

– une posture plus droite

– l’élimination des tensions physiques (avec un accent particulier sur les bras) et psychiques (des pensées positives, des souvenirs, un peu de musique, des sourires…)

– et un contrôle de mon souffle.

Un ensemble de mesures empiriques et subjectives, me semble-t-il.

Récemment, je me suis rendu compte que mon protocole maison avait certains points communs avec le Chi-Running, cette méthode de course élaborée par un ultra-marathonien américain. Rémi y fait référence dans sa chronique sur le blogging et Jean-Guillaume en a beaucoup parlé sur son blog Endomorfun. Que je vous conseille.

J’ai ajouté deux ingrédients qui désormais sont pour moi essentiels : courir un peu plus au cardio, en déterminant des zones à ne pas dépasser (Merci Rémi), et surtout m’interdire d’aller courir si je ne suis pas dans de bonnes dispositions (donc si je n’ai pas le temps, le moral ou l’énergie, j’évite d’y aller).

Tout cela a du sens parce que je constate que j’en tire des bénéfices :

– Petit à petit, l’état de mon pied s’améliore, je peux allonger la distance

– Je souffre moins et j’ai redécouvert le plaisir de courir en étant dans une situation de confort

– Je me sens plus patient et je prends le temps d’observer ce qui se passe autour de moi (pour le poncif, c’est cadeau).

Ces bénéfices m’aident considérablement à surpasser le problème de l’égo et mon obsession pour la performance. Donc :

– Les félicitations et les badges ne me manquent pas

– Aucune crise de panique quand je vois apparaître mon pace

– Aucune crainte de voir ma VO2max faire le yoyo sur ma montre

– J’accueille avec bienveillance le temps de récupération qu’elle me propose (les vrais savent que c’est un exploit ça)

– Je peux courir sans rien autour du poignet, tant pis s’il manque des kilomètres dans mon cumul annuel

– Je n’ai plus honte de savoir qu’on me stalke sur Strava et j’ai accepté mes premiers amis sur Garmin Connect

– enfin, j’ai effacé mes records sur ma bio Instagram (et je voudrais des applaudissements pour ça, allez !)

J’ai même retrouvé les spots prisés par les coureurs sans être vexé quand l’un d’eux me double alors que je sais que j’ai les moyens de le pulvériser.

Comme tout le monde, je suis parfois victime de la frénésie, sensible aux chiffres et aux signes +++ qui apportent beaucoup de gloriole. Et ce que j’ai appris cette année c’est qu’ainsi, j’allais droit dans le mur. Je dois vous avouer aussi que je me sens bien dans la Cour des Miracles avec mes petits copains dont je n’envie pas toujours la dégaine, certes. Mais dont j’admire l’opiniâtreté, la passion et l’humanité.

Alors je reste un compétiteur.

Mais pour savoir comment j’ai réussi à associer le relâchement du slowrunning aux résultats, il vous faudra essayer ma méthode qui paraîtra prochainement en DVD. Et c’est promis, chers auditeurs, vous aurez votre coupon de réduction.

Et les amis blogueurs, je vous l’enverrai gratos 😉